vendredi 4 mai 2018

Cinq ans de prison avoir séquestré un homme pour une dette de stupéfiants

Ils sont les deux principaux protagonistes de l’affaire de séquestration qui avait secoué le petit village de Boulot, en Haute-Saône, en juin 2015. Stéphane Leclere, 46 ans, et Christopher Durin, 39 ans, ont tous deux été condamnés à 5 ans de prison jeudi, à l’issue d’une journée et demie de débats.
Des peines lourdes, assorties pour chacun d’eux d’un mandat de dépôt, accueillies sans véritable surprise. Émeline Comte, la procureure, avait en effet requis 7 ans d’emprisonnement pour le premier et 5 ans pour le second.
Ils avaient retenu prisonnier pendant trois semaines un homme d’affaires marocain, vraisemblablement en prise avec des gens peu recommandables pour une dette de stupéfiants. La victime aurait été enlevée à Bruxelles (Belgique) avant d’atterrir en Haute-Saône par le biais de Durin. Ce dernier devait lui aussi quelque 10 000 € à des gens, là encore, peu recommandables. Il aurait été ainsi contraint de rendre un « service » aux commanditaires de l’enlèvement.

Condamnés pour l’ensemble de leur œuvre

« S’il avait pu ne jamais se voir demander ce service, il en aurait été ravi », a tenté Me Pichoff, le conseil de Durin, décrivant une « rechute » dans le parcours de son client, déconnecté de la délinquance depuis quatorze ans. L’avocat évoque un homme qui, en 2015, tente « d’améliorer l’ordinaire » en se procurant 3 kg de stupéfiants. « Il s’est fait carotter avant même d’avoir commencé et s’est retrouvé avec cette dette. » Sur les infractions liées aux stupéfiants, Me Pichoff estime que le trafic n’est pas démontré dans l’enquête. Il a plaidé la relaxe pour la détention des armes retrouvées à Boulot. Sans succès puisque Durin a été condamné pour l’ensemble des faits.
L’effort produit par Me Uzan, pour Leclere, est resté tout aussi vain. Sur une ligne de défense proche de celle de son confrère, l’avocat a estimé que dans l’affaire de Boulot, Durin avait « réveillé un silencieux », Leclere, en l’occurrence, qui ne faisait plus parler de lui, malgré un lourd passé marqué par huit condamnations. Une rechute caractérisée par plusieurs faits, dont une sombre tentative, finalement avortée, d’enlèvement d’un antiquaire suisse. Un projet dans lequel Stéphane Leclere a trempé pendant sa cavale après juin 2015, et mis au jour par les investigations de Boulot. « Il n’y a pas un commencement d’exécution », balaie Me Uzan, estimant que l’association de malfaiteurs ici ne tient pas. Quant au trafic de stupéfiants, « il n’y a pas l’ombre d’une empreinte sur quoi que ce soit ».
Finalement, le tribunal n’a cru qu’en la version d’Alexis Mezière, le « gamin » (27 ans) de la bande de Boulot, qui a participé, « le dos au mur », à la surveillance du prisonnier. Il écope de trois ans de prison, dont un an assorti d’un sursis mise à l’épreuve.

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