dimanche 6 mai 2018

Trois cyclistes bousculées et blessées par un pêcheur

« Partageons l’espace ». C’est écrit sur le bitume de l’EuroVélo6, autrement nommée EuroVéloroute Nantes - Budapest. Manifestement, entre les cyclistes et certains autres usagers, le partage de l’espace ne se conçoit pas de la même manière. Comme l’illustre l’accident qui s’y est produit ce samedi, peu avant 15 h et le contexte.
Quatorze cyclistes du Vélo Club de Montbéliard (neuf jeunes de 9 à 11 ans et cinq adultes accompagnateurs) venaient de s’élancer du Grand-Chênois pour un entraînement collectif d’une trentaine de kilomètres à destination d’Arcey. Deux kilomètres après le départ, à quelques hectomètres du port de Montbéliard, après le Près-la-Rose, trois dames qui roulaient en serre-file, en fin de peloton, sont tombées. Coralie Giacomin, l’une des victimes, raconte sa mésaventure en descendant de l’ambulance où elle vient d’être soignée : « Il y a cet homme qui s’est mis en face de nous et qui a crié : « Tous les samedis c’est le même bordel (sic) avec les vélos. Y’en a marre ! Moi aussi je peux vous foutre en l’air ». Et il a mis un coup d’épaule pour nous faire tomber ».
"Tous les samedis c’est le même bordel (sic) avec les vélos. Y’en a marre ! Moi aussi je peux vous foutre en l’air"
« C’est faux », se défend Jean-Claude. Ce L’Islois de 70 ans, qui accompagnait son petit-fils à l’école de pêche, plaide l’accident et rejette la faute sur les cyclistes. « C’est une calamité. Ils (N.D.L.R. : les cyclistes) arrivent à pleine vitesse et sans faire de bruit. J’ai de la chance de m’en tirer comme ça. Heureusement que je fais 90 kilos. J’aurais pu me faire découper. C’est le troisième samedi que je viens mais c’est fini. Mon plaisir de papy c’est de venir avec mon petit-fils. Pas de me faire démonter la tête ni d’être insulté comme ça a été le cas », développe l’homme à la chemisette jaune. Car manifestement, après la chute, les mots ont volé.

« Christelle a l’épaule complètement brûlée »

Yvan Busson, l’éducateur qui menait le cortège de cyclistes, assure « avoir sifflé en arrivant à proximité des pêcheurs pour avertir de notre arrivée ». Maurice Masson, le président de l’école de pêche de Montbéliard, présent sur les lieux, dit n’avoir pas vu la scène. Quant au coup de sifflet ? « Je ne l’ai pas entendu mais j’étais surtout occupé avec les gamins. Vous savez, on fait bien attention que nos cannes ne dépassent pas de l’herbe. Maintenant, certains roulent vraiment vite », dit-il. La vitesse ? « Nous roulions entre 19 et 22 km/h », assure Coralie Giacomin qui déplore des douleurs aux cervicales et un hématome sur la cuisse droite. « Sans parler des dégâts sur le vélo. J’en ai bien pour 2 000 €. Un accident, ça peut arriver mais là c’était clairement un geste volontaire ».
Yvan Busson, lui, n’a pas tergiversé. Il a aussitôt prévenu les secours et la police. « À l’accueil, au commissariat, on m’a dit qu’il n’y avait pas de législation sur la véloroute. Maintenant, j’invite les trois mamans qui ont été blessées, à aller déposer plainte ».
Sophie Mairey a été la moins touchée. Sans concertation avec sa collègue qui se trouvait encore dans le fourgon des pompiers, elle mime le fameux coup d’épaule du septuagénaire pêcheur et rapporte les mêmes paroles. « Ma chute a été amortie. Je suis tombée dans les orties mais j’aurais pu finir dans ce petit canal à côté », nuance-t-elle. Christelle Lemaître, éducatrice au VCM, a eu moins de chance et les pompiers ont dû la transporter au centre hospitalier. « Il faut voir. Christelle a l’épaule complètement brûlée et elle a très mal à la tête », rapporte enfin Coralie Giacomin. Si deux policiers se sont déplacés et ont pris les identités des plaignants et du présumé responsable, reste à savoir quelles suites seront données à l’affaire.
Trois cyclistes bousculées et blessées par un pêcheur https://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2018/05/05/trois-cyclistes-torpillees-par-un-pecheur

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