vendredi 8 juin 2018

Une femme retrouvée étranglée à Nancy : son mari en fuite

"Pour moi, c’était le couple idéal et lorsque j’ai appris ce qui leur est arrivé, j’ai été stupéfaite". Cette habitante d’un immeuble de la rue Charles-Sadoul à Nancy, est à sa fenêtre. Et elle n’arrive pas à détacher son regard des policiers qui montent la garde devant l’habitation d’en face, celle-ci porte le n°14. Comme pour se convaincre qu’une tragédie s’est bel et bien jouée là, à deux pas de chez elle. Derrière les murs beige clairs de cette maison cossue de trois étages.
C’est là qu’habite Francis et Marie-Claude J., un couple de retraités de la Poste. "Ils sont ici depuis 25 ou 30 ans. J’ai vu naître leurs enfants. Les deux fils sont grands et n’habitent plus là. Seule leur fille qui est étudiante vit toujours avec eux. Ils formaient une famille très unie. Chaque fois que je les voyais, je me disais qu’ils avaient de la chance", témoigne la voisine d’en face.
Mais ce jeudi, le portrait idyllique de la famille idéale a volé en éclats. Peu après midi, le cadavre de la mère a en effet été retrouvé dans l’habitation. Marie-Claude J. a été étranglée. Elle avait 58 ans. "Le médecin légiste qui a examiné le corps, a relevé l’existence de traces de strangulation au niveau du cou compatibles avec une mort par asphyxie. L’autopsie, qui devrait intervenir dans les jours qui viennent, devrait confirmer cette hypothèse", indique le procureur de Nancy, François Pérain.

Le mari de la victime, Francis J., fait figure de suspect n°1. Il s’est rendu chez sa sœur vers midi et lui a confessé avoir tué sa femme. Il lui a laissé les clés de chez lui. Puis il s’est enfui. Sa sœur s’est immédiatement rendue dans la maison de la rue Charles-Sadoul et a découvert le corps sans vie de la victime. Elle a aussitôt prévenu pompiers et policiers.

Deux lettres retrouvées dans la chambre des enfants

Dans l’habitation, ont également été retrouvés des courriers qui éclairent le meurtre : "Deux lettres signées 'papa' étaient posées dans la chambre des deux enfants majeurs du couple, dans lesquelles l'auteur demande pardon, tout en expliquant son geste", précise le procureur de Nancy.  Dans ses écrits, Francis J. ferait également part de son intention de mettre fin à ses jours. La police a lancé des recherches pour essayer de le retrouver le plus vite possible.
Dans le même temps, des enquêteurs de la Sureté Départementale ont investi la maison du drame. Vêtus de combinaisons étanches pour ne pas polluer la scène de crime, ils ont passé les lieux au crible à la recherche d’indices. Leur présence et la nouvelle du crime ont provoqué une onde de choc dans le voisinage.
"Je les ai vus la veille tous les deux, un peu avant midi, dans leur jardin en train de discuter. C’était des gens bien, sans histoire. Lui était toujours prêt à échanger quelques mots lorsqu’il nous croisait, moi ou mon mari", témoigne une voisine de l’immeuble d’â côté.
Si Marie-Claude J. semblait plus discrète et réservée, tous les riverains ont, en revanche, le souvenir de son mari Francis en train de bricoler ou de lustrer sa voiture devant chez lui. Il avait a priori le contact facile. "Je l’ai croisé mercredi, à 17 h. D’habitude, il me salue et aime bien causer un peu avec moi. Mais là, rien. Il n’a pas relevé la tête", s’étonne une octogénaire qui habite un peu plus loin dans la rue Sadoul.
L’homme était peut-être en train de ruminer ce qui allait se passer. D’après les premiers éléments de l’enquête, c’est un contexte de séparation qui serait à l’origine du meurtre.


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